Pourquoi le flash est un outil créatif
Le mot flash déclenche souvent une réaction immédiate. Un souvenir un peu dur. Une lumière trop frontale. Quelque chose de “pas naturel”.
Le mot flash déclenche souvent une réaction immédiate. Un souvenir un peu dur. Une lumière trop frontale. Quelque chose de “pas naturel”.
Quand on parle de mon travail, on me parle souvent d’argentique. De lenteur. De boîtiers mécaniques. De film. Et c’est normal, parce que cette partie-là est très visible, très assumée. Mais il y a une chose que je dis toujours
Quand je dis que je travaille avec Sony sur certains projets, la question arrive presque toujours juste après. “Pourquoi Sony, justement ?” Comme si ce choix devait forcément cacher une préférence définitive, une hiérarchie, ou une vérité absolue.
Photographier un mariage en argentique demande une posture particulière. Ce n’est pas une démonstration technique, ni un choix esthétique isolé. C’est une manière de se placer dans le temps, dans la relation aux personnes, et dans l’attention portée à chaque moment.
Il m’a fallu du temps pour l’assumer pleinement. Dire que je ne choisis pas mes outils par habitude, ni par fidélité à une marque, ni par confort. Dire que je les choisis en fonction du projet, et parfois même en fonction du moment précis à l’intérieur d’un projet.
On parle souvent du matériel comme d’un choix technique. Un boîtier, une optique, un format. Quelque chose de rationnel, presque neutre. Mais avec le temps, j’ai compris que le matériel raconte toujours quelque chose de beaucoup plus profond.
Je n’ai jamais rêvé de Leica comme on rêve d’un objet inaccessible. Je ne me suis pas dit un jour : “il me faut un Leica pour être photographe”. En réalité, Leica s’est imposé à moi beaucoup plus discrètement, presque à contretemps. C’est venu avec le regard.
Le Canon F-1 et le Canon AE-1 font partie de cette deuxième catégorie. Je ne les ai pas achetés pour leur cote, ni pour leur image iconique. Je les ai pris en main, et quelque chose s’est installé immédiatement. Une sensation familière, presque évidente. Comme si ces boîtiers me parlaient un langage que je connaissais déjà, sans l’avoir appris consciemment. Avec le temps, j’ai compris que ce n’était pas une question de nostalgie. C’était une question de cohérence.
La première fois que j’ai travaillé en moyen format, je n’ai pas eu l’impression de découvrir une nouvelle technique. J’ai eu l’impression que mon regard avait changé de place.
Lorsque l’on évoque les formats en photographie, la discussion se limite souvent à des considérations techniques. Taille du capteur, résolution, profondeur de champ. Pourtant, le passage du petit format au moyen format n’a jamais été, pour moi, une simple évolution matérielle.