L’intelligence artificielle est arrivée dans la photographie sans prévenir. Elle s’est imposée par petites touches, souvent discrètes, parfois spectaculaires. Beaucoup y voient une rupture. Je la perçois plutôt comme une nouvelle couche dans un écosystème déjà complexe.
Comme pour l’argentique et le numérique, la question n’est pas de choisir un camp. La vraie question concerne l’usage, l’intention et la place donnée à l’outil dans le processus créatif.
Choisir un photographe n’est jamais anodin.
On ne choisit pas seulement quelqu’un qui “fait des photos”. On choisit une personne à qui l’on confie un moment, une image de soi, parfois un souvenir qui ne se répétera pas.
On parle souvent de “photographe” comme s’il s’agissait d’un métier unique, homogène, presque interchangeable.
Comme si deux photographes, avec deux appareils similaires, produisaient forcément le même résultat.
Je ne me suis jamais dit que l’argentique allait m’enseigner ce que le numérique ne pouvait pas transmettre. Cette compréhension est venue progressivement, avec le temps, le silence et l’attente.
Je ne me suis jamais dit que l’argentique allait m’enseigner ce que le numérique ne pouvait pas transmettre. Cette compréhension est venue progressivement, avec le temps, le silence et l’attente.
Je n’ai jamais cherché les appareils anciens.
Ce sont eux qui m’ont trouvé.
Au début, c’était presque par curiosité. Un boîtier mécanique posé sur une étagère, un objet chargé de traces, de marques, d’histoires invisibles.
Je n’ai jamais choisi la photographie comme on choisit un métier sur une fiche d’orientation.
Elle s’est imposée à moi progressivement, presque silencieusement. Au début, je n’ai pas compris ce qui se passait. Je faisais des photos, puis j’y revenais. Encore et encore. Non pas pour produire, mais pour me retrouver.
Je n’ai jamais vécu le passage de la photographie argentique au numérique comme une rupture.
Pour moi, ce n’a jamais été un choix de camp.
C’était une continuité naturelle.
Il y a des rencontres qui laissent une empreinte douce. Photographier Jil Devresse, c’était moins « diriger » que dialoguer laisser la lumière parler, accueillir le silence, attendre la juste respiration. Notre histoire s’est écrite en trois temps : l’argentique noir & blanc, la couleur mêlée au numérique, et une échappée nocturne entre néons et fête foraine.
Je n’ai pas appris la photographie avec un écran.
Je l’ai apprise avec du silence, de l’attente, et beaucoup de doutes.
Quand j’ai commencé la photo argentique, ce n’était pas par nostalgie. Ce n’était pas non plus pour “faire comme avant” ou pour me donner un style. À l’époque, je ne cherchais pas à me différencier. Je cherchais surtout à comprendre ce que je faisais, et pourquoi je le faisais.