« Il y a des rencontres qui laissent une empreinte douce. Photographier Jil Devresse, c’était moins « diriger » que dialoguer laisser la lumière parler, accueillir le silence, attendre la juste respiration. Notre histoire s’est écrite en trois temps : l’argentique noir & blanc, la couleur mêlée au numérique, et une échappée nocturne entre néons et fête foraine.«
Une rencontre née du hasard et de la curiosité
Certaines rencontres ne se planifient pas vraiment. Elles arrivent parce que les trajectoires se croisent au bon moment, avec la bonne énergie. La rencontre avec Jil Devresse, actrice luxembourgeoise engagée dans le théâtre allemand et le théâtre contemporain, fait partie de celles-là.
Dès les premiers échanges, il y avait quelque chose d’évident : une attention au détail, une sensibilité commune au silence, au rythme, à ce qui se joue entre les mots. Avant même de sortir un appareil photo, la discussion était déjà là. Et en photographie, surtout en photographie argentique, tout commence bien avant le déclenchement.
Photographier une actrice, c’est d’abord écouter
Photographier une actrice n’est jamais anodin. Le corps, le regard, la posture sont des outils de travail quotidiens pour elle. Rien n’est laissé au hasard, mais rien n’est figé non plus. Avec Jil Devresse, il n’était pas question de poser ou de jouer un rôle. L’idée était plutôt d’observer ce qui reste quand on enlève le décor.
Avant de penser à la lumière ou au cadre, il y a eu l’écoute. Une manière de comprendre son rapport à la scène, au texte, au public. Cette phase invisible est essentielle dans la photographie de portrait, et encore plus lorsqu’on travaille en argentique. Chaque image compte. Chaque instant est choisi.
Le choix du noir et blanc en photographie argentique
Très vite, le noir et blanc s’est imposé comme une évidence. Pas comme un effet esthétique, mais comme un langage. La photographie argentique noir et blanc permet de se détacher du superflu, de se concentrer sur l’essentiel : les lignes du visage, la lumière, les micro-expressions.
Avec un appareil photo argentique mécanique sans écran, le rapport au temps change radicalement. Il n’y a pas de vérification immédiate, pas de correction possible sur le moment. On photographie avec ce que l’on ressent, pas avec ce que l’on contrôle.
Ce choix technique influence directement la relation avec la personne photographiée. Le rythme ralentit. Le silence s’installe. Et dans ce silence, quelque chose de vrai peut émerger.
Entre photographie argentique et photographie numérique
Le travail réalisé avec Jil Devresse ne s’est pas limité à l’argentique. Certaines images ont également été réalisées en numérique. Non pas pour opposer les pratiques, mais pour les faire dialoguer.
La photo argentique apporte une densité, une matière, une forme de retenue. Le numérique, lui, permet une autre liberté, une autre rapidité, parfois une spontanéité différente. Passer de l’un à l’autre permet de varier les approches tout en gardant une cohérence de regard.
Dans les deux cas, l’objectif restait le même : produire des portraits sincères, sans artifice inutile, où l’on sent la présence de l’actrice plus que le dispositif photographique.
Une séance construite dans la simplicité
Il n’y avait pas de mise en scène lourde, pas de décor imposant. La séance s’est construite autour de la lumière existante, de l’espace, et surtout de l’échange. En photographie argentique, la simplicité est souvent une force. Elle permet de se concentrer sur l’essentiel.
Jil Devresse a cette capacité rare à être pleinement présente, sans surjeu. Le regard est là, franc, parfois intense, parfois presque absent. C’est précisément dans ces moments de transition que les images prennent leur force.
Une rencontre qui laisse une empreinte durable
La rencontre avec Jil Devresse n’a pas seulement donné naissance à une série de portraits. Elle a laissé une empreinte plus profonde. Elle rappelle pourquoi la photographie, et en particulier la photographie argentique, reste un outil puissant pour raconter l’humain.
Ces images, qu’elles soient argentiques ou numériques, ne cherchent pas à définir une identité. Elles proposent une lecture, un instant, une respiration. Elles laissent volontairement de la place à l’interprétation.
Pourquoi dédier un article à cette rencontre
Si cet article existe, ce n’est pas pour documenter une séance photo de plus. C’est pour raconter une rencontre. Parce que certaines personnes, par leur présence et leur parcours, méritent un espace à part.
La photographie argentique, le noir et blanc, le portrait, le théâtre : tout s’est croisé naturellement autour de cette séance. Et parfois, c’est exactement ce que l’on cherche en tant que photographe : que les choses se fassent sans forcer, avec justesse.
Quand la photographie devient dialogue
La rencontre avec Jil Devresse rappelle que la photographie n’est jamais qu’une question de technique. Elle est avant tout une question de regard, de temps et de relation humaine.
Qu’elle soit réalisée en photo argentique ou en numérique, une image prend tout son sens lorsqu’elle est habitée. Et dans ce dialogue silencieux entre l’actrice et l’objectif, quelque chose de sincère a pu émerger.
Cette approche est particulièrement adaptée aux artistes de scène. Elle laisse de l’espace. Elle évite l’effet miroir permanent. Elle permet à la personne photographiée d’exister sans se regarder constamment.
